Mécaniques et guide-cordes
Un accordeur mécanique peut tenir dans un perçage et rester inutilisable parce que son bouton heurte une autre pièce. L’article consacré à la géométrie de la tête définit les trajets de cordes et les emplacements ; nous nous concentrons ici sur les dégagements de manipulation, les mécanismes particuliers et leurs accessoires.
Ce qui tient vraiment dans la tête
Sur la face arrière de la tête, chaque mécanique possède un carter, une platine éventuelle, une vis d’orientation et un bouton. Les centres des axes peuvent donc sembler suffisamment éloignés sur la face avant alors que les boîtiers se chevauchent à l’arrière. Cette contrainte apparaît particulièrement avec les mécaniques de basse, dont les plaques et les boutons sont beaucoup plus grands. Il faut donc dessiner les deux faces de la tête. La bibliothèque dimensionnelle Hipshot pour les mécaniques de basse permet par exemple de vérifier simultanément le diamètre de passage, l’encombrement du carter et la position des vis. Hipshot — plans des mécaniques de basse
Un autre problème apparaît rarement sur un dessin simplifié : la mécanique doit pouvoir être utilisée. Le bouton décrit un volume lorsqu’on le tourne. Il faut donc conserver une distance suffisante entre deux boutons voisins, mais aussi entre le bouton et le contour de la tête. Un bouton de mécanique peut parfaitement tenir dans le dessin au repos tout en venant heurter son voisin après un quart de tour. La vérification doit donc porter sur l’enveloppe de rotation, pas uniquement sur la silhouette de la pièce. Cette précaution est particulièrement importante avec les grands boutons de basse, certaines formes vintage et les mécaniques montées très près les unes des autres.
Il faut également laisser suffisamment de place pour les doigts. Une tête extrêmement compacte peut être géométriquement possible tout en devenant désagréable à accorder.
Une mécanique moderne est souvent serrée depuis la face avant à l’aide d’un écrou hexagonal. Il faut donc pouvoir placer une clé ou une douille autour de cet écrou sans rencontrer un élément voisin. Hipshot précise par exemple l’utilisation d’une douille de 10 mm sur certaines Grip-Lock. Le diamètre extérieur de l’outil peut être sensiblement supérieur à celui de l’écrou lui-même. (docs.hipshotproducts.com) Même chose à l’arrière : les petites vis d’orientation doivent pouvoir être installées sans que le corps de la mécanique voisine empêche le tournevis d’arriver dans l’axe. L’enveloppe de maintenance existe donc aussi sur la tête.
Masse, blocage et mécaniques spéciales
Une mécanique à blocage peut utiliser exactement la même implantation qu’une mécanique conventionnelle de la même famille. Ce n’est toutefois pas une règle universelle. La molette ou le dispositif de verrouillage situé à l’arrière augmente parfois l’encombrement et doit rester accessible. Certains systèmes ajoutent également de la masse. L’article Les mécaniques à blocage explique leur fonctionnement ; lors de la conception, il faut surtout vérifier que le système de verrouillage reste manipulable une fois toutes les mécaniques installées. Une molette placée trop près d’un autre carter peut transformer un montage théoriquement compatible en système pratiquement inutilisable.
Certains accessoires remplacent une mécanique standard par un mécanisme nettement plus encombrant. Les Xtenders Hipshot destinés aux basses en constituent un bon exemple : le levier permettant de passer rapidement d’un accordage à un autre s’étend derrière la tête et décrit son propre mouvement. Hipshot publie des plans dimensionnels spécifiques pour ses différentes familles BT1, BT2, BT3 et autres modèles. Hipshot — plans des Bass Xtenders Le plan du BT2 montre bien que l’enveloppe du système dépasse largement celle d’une mécanique ordinaire. (docs.hipshotproducts.com)
Il faut donc vérifier trois choses en même temps : que le corps de la mécanique tient sur la tête, que le levier peut parcourir toute sa course et que les autres mécaniques ne gênent ni son mouvement ni son utilisation. Un D-Tuner ne devrait pas être ajouté après coup à une tête extrêmement compacte sans avoir contrôlé ces volumes.
Guides-cordes, barres et truss rod
Le positionnement transversal mérite autant d’attention que sa hauteur. La corde ne devrait pas être déviée latéralement simplement pour rejoindre le guide. Celui-ci doit accompagner la trajectoire définie entre le sillet et la mécanique. Sur un guide recevant deux cordes, il faut donc contrôler simultanément les deux trajectoires. Une petite rotation du guide peut parfois permettre aux deux cordes de passer naturellement. À l’inverse, un guide placé uniquement pour des raisons esthétiques peut contraindre les cordes à effectuer un changement de direction inutile. L’objectif reste le même que depuis le début de cette série : une trajectoire doit être dessinée avant de positionner l’élément qui l’accompagne.
Certains instruments utilisent une barre commune à plusieurs cordes plutôt que des guides individuels. Cette solution se rencontre notamment avec certains systèmes de blocage ou certaines architectures de tête. La barre possède sa propre hauteur, ses fixations et une position déterminante pour l’angle des cordes. Elle peut aussi devoir laisser suffisamment d’espace pour introduire les cordes et accéder au sillet. Là encore, son diamètre visible ne suffit pas : il faut représenter son axe, ses supports et les vis qui la fixent dans la tête.
Lorsque le cache est incrusté ou affleurant, son contour, sa feuillure et son jeu périphérique doivent être traités avec la même logique que les trappes arrière : le contour visible appartient au dessin de l’instrument.