Dessiner les circuits de guitare : choisir les bonnes fonctions
Deux guitares équipées des mêmes micros et des mêmes potentiomètres peuvent réagir différemment lorsqu'on baisse le volume. La différence ne vient pas nécessairement des composants : elle peut être dans la manière dont ils sont raccordés. Avant d'ajouter des commutateurs au hasard, il faut décider ce que chaque contrôle doit faire, dans chaque position.
Modern wiring et câblage « années 1950 »
Sur une Les Paul passive à deux volumes et deux tonalités, la différence classique entre les deux câblages tient notamment au point où le réseau de tonalité est relié au potentiomètre de volume. Dans le câblage dit moderne, il est généralement raccordé côté entrée du signal. Dans la variante dite années 1950, il prend le signal au curseur, c'est-à-dire côté sortie du volume.
Ce petit déplacement change les interactions électriques : la variante années 1950 peut conserver davantage d'aigus lorsque l'on baisse le volume, mais les réglages de tonalité et de volume deviennent plus interdépendants. Aucun des deux n'est intrinsèquement supérieur. Le bon choix dépend de la façon dont le musicien utilise les boutons, de la charge du câble et de l'entrée de l'ampli.
| Besoin du musicien | Solution à comparer | Contrepartie à vérifier |
|---|---|---|
| Baisser le volume sans trop perdre d'aigus | Treble bleed ou câblage années 1950 | Évolution de la tonalité et progressivité du volume |
| Obtenir un son moins puissant sans couper une bobine | Humbucker en parallèle | Niveau de sortie et compatibilité des fils |
| Accéder à une seule bobine | Coil split | Ronflette et équilibre de niveau |
| Combiner deux micros autrement | Commutation série/parallèle | Interactions avec les autres positions du sélecteur |
| Rendre les volumes indépendants en position centrale | Variante du câblage à deux volumes | Charge et comportement des potentiomètres |
Le treble bleed n'est pas un correctif universel
Un circuit treble bleed fait passer une partie des fréquences élevées autour du potentiomètre de volume lorsque celui-ci atténue le signal. Une simple capacité, une capacité avec résistance en parallèle, ou un réseau résistance-capacité en série ne donnent pas la même progression. Les valeurs ne se choisissent pas uniquement d'après le nombre de kilohms inscrit sur le potentiomètre : il faut aussi tenir compte des micros et du câble.
Un réseau mal adapté peut rendre le son exagérément brillant à faible volume ou modifier la courbe perçue du bouton. Il vaut mieux comparer deux ou trois variantes sur un montage d'essai plutôt que multiplier les valeurs « recommandées » sans préciser dans quel circuit elles fonctionnent.
Prévoir les combinaisons avant de choisir le sélecteur
Pour un humbucker à quatre conducteurs, le split et le passage des deux bobines en parallèle n'exigent pas les mêmes connexions. Les deux fonctions ne peuvent pas nécessairement être obtenues avec le même interrupteur simple. De même, mettre deux micros entre eux en série n'est pas la même opération que mettre les deux bobines d'un humbucker en série. Les principes physiques sont développés dans Série et parallèle et Coil split et coil tap ; ici, il faut surtout traduire les fonctions retenues en contacts de commutation.
Une matrice de positions évite les surprises. Chaque ligne décrit une position du sélecteur, et chaque colonne une bobine active, sa polarité électrique, sa polarité magnétique et le parcours du signal. On vérifie alors si une position censée éliminer le bruit le fait réellement et si une combinaison ne provoque pas une opposition de phase imprévue. Les codes de couleurs des fabricants ne sont pas universels : il faut partir du schéma du modèle exact.
Deux volumes : que doit faire la position centrale ?
Le câblage Les Paul traditionnel présente une particularité : en position où les deux micros sont sélectionnés, mettre l'un des volumes à zéro peut couper l'ensemble du signal. Une variante dite à volumes indépendants évite ce comportement, mais modifie la charge électrique vue par les micros et la manière dont les boutons interagissent. C'est un choix de jeu, pas une réparation obligatoire.
Sur une guitare à un volume général, une tonalité générale et cinq positions, il peut être préférable de rester simple. Un sélecteur complexe n'améliore rien si deux positions offrent pratiquement la même sonorité et rendent l'instrument difficile à utiliser sans regarder ses contrôles.
Le plan de câblage doit être testable
Le schéma électrique représente les connexions, pas le parcours physique des fils dans le corps. Il faut donc distinguer trois documents : le schéma fonctionnel, la table des positions du sélecteur et le dessin d'implantation dans la cavité. Le dernier relève de la conception des cavités et passages de câbles.
Avant de monter l'ensemble dans la guitare, contrôlez au multimètre les continuités, l'absence de courts-circuits indésirables et la logique des positions. Le blindage et la masse de signal, déjà détaillés dans Masse et blindage, doivent rester cohérents avec le choix des commutateurs. Pour comparer visuellement les variantes traditionnelles à deux volumes, les schémas de Seymour Duncan constituent une bonne référence de départ.