Teinter directement le bois
Une table en érable flammé peut sembler relativement discrète lorsqu'elle est brute et révéler des contrastes spectaculaires après coloration. À l'inverse, une teinte mal appliquée peut transformer une belle pièce de bois en une surface couverte d'auréoles difficiles à corriger.
Teinter directement le bois permet de modifier sa couleur tout en conservant la visibilité de sa structure. Selon le produit utilisé, les colorants pénètrent plus ou moins profondément dans les fibres ou se déposent partiellement à leur surface.
Cette technique convient aux finitions naturelles colorées, aux tables figurées et à certaines finitions décoratives. Elle demande cependant de comprendre comment le bois absorbe les produits, car deux pièces de la même essence peuvent réagir différemment à une teinte identique.
Teinter le bois ou colorer le vernis ?
Deux méthodes permettent d'obtenir une finition transparente colorée.
La première consiste à appliquer la teinte directement sur le bois. Les colorants pénètrent dans les couches superficielles du matériau et mettent en valeur certaines particularités de sa structure.
La seconde consiste à incorporer un colorant ou un pigment compatible dans une couche de finition transparente. La couleur se trouve alors dans le film de vernis, au-dessus du bois.
Les deux méthodes peuvent être combinées, mais leurs effets visuels diffèrent.
Une teinte appliquée directement au bois accentue souvent les variations naturelles d'absorption. Sur une table figurée, elle peut renforcer les contrastes entre les zones dont les fibres présentent des orientations différentes.
Un vernis teinté colore davantage l'ensemble de la surface. Il permet de superposer des couches transparentes pour modifier progressivement la nuance sans faire pénétrer davantage de colorant dans le bois.
La distinction est importante pour les dégradés. Un dégradé réalisé par imprégnation du bois ne se travaille pas exactement comme un sunburst obtenu au pistolet avec des couches de vernis colorées.
Comprendre les différentes familles de teintes
Le terme teinte désigne plusieurs catégories de produits. Leur comportement dépend à la fois de la nature des colorants et du liquide qui les transporte.
Les teintes à l'eau
Les teintes aqueuses sont couramment utilisées pour colorer le bois brut.
L'eau présente l'avantage d'offrir généralement un temps de travail assez confortable. On peut répartir le produit sur la surface, reprendre les zones encore humides et essuyer l'excédent avant séchage.
En revanche, l'eau peut faire gonfler les fibres superficielles du bois. La surface devient alors légèrement rugueuse.
Ce relèvement des fibres peut être anticipé par une humidification préalable du bois, suivie d'un séchage complet et d'un ponçage léger.
Les teintes à l'eau conviennent particulièrement bien aux surfaces figurées, où l'on souhaite disposer de suffisamment de temps pour répartir la couleur.
Elles ne sont cependant pas toutes identiques. Certaines utilisent des colorants solubles, tandis que d'autres contiennent des pigments et des liants qui influencent leur pénétration.
La Teinte Tons Bois de Libéron constitue un exemple de produit aqueux destiné à la coloration du bois avant finition. Le fabricant décrit son application au pinceau, à l'éponge ou au coton, suivie d'un essuyage permettant d'uniformiser la couleur.
Les teintes à l'alcool
Certaines teintures concentrées peuvent être diluées dans l'alcool, selon leur formulation.
L'évaporation est généralement plus rapide qu'avec l'eau. Le relèvement des fibres est aussi moins prononcé.
Cette rapidité peut être intéressante sur de petites surfaces, mais complique le travail des grandes tables : une zone peut commencer à sécher avant que la suivante soit terminée.
Les reprises deviennent alors visibles sous forme de bandes plus foncées.
Pour éviter ce problème, il faut travailler avec une quantité de produit régulière, progresser sans interruption et maintenir une zone de raccord suffisamment humide.
Il ne faut pas supposer qu'une teinte vendue pour une dilution à l'eau peut également être diluée dans l'alcool. Certains concentrés acceptent plusieurs solvants, d'autres non.
StewMac détaille ces possibilités dans ses instructions pour les teintes ColorTone.
Les teintes solvantées
D'autres formulations utilisent des solvants organiques ou des mélanges de solvants.
Leur vitesse de séchage, leur pouvoir de pénétration et leur compatibilité avec les produits de finition dépendent de leur composition.
Certaines sont conçues pour colorer directement le bois. D'autres servent plutôt à préparer des vernis teintés ou à réaliser des retouches.
Les solvants peuvent également réagir avec certains plastiques, résidus de colle ou produits déjà appliqués.
Il faut donc vérifier la destination exacte du produit, ainsi que les conditions d'utilisation indiquées dans sa fiche technique.
Le choix entre eau, alcool et solvants ne se résume pas à une préférence personnelle. Il dépend du bois, de la méthode d'application et du système de finition prévu.
Colorants solubles et pigments : une différence visible
Les teintes peuvent contenir des colorants solubles, des pigments ou une combinaison des deux.
Les colorants solubles se répartissent dans le liquide de dilution. Ils peuvent pénétrer dans les fibres sans déposer autant de particules solides dans les pores du bois.
Ils conviennent bien lorsqu'on souhaite conserver la lisibilité des figures d'une table en érable.
Les pigments sont constitués de particules dispersées dans un liquide. Une partie peut rester dans les pores, les petites rayures et les irrégularités superficielles.
Cette propriété permet de souligner certaines structures, mais peut également produire un aspect moins transparent si le produit est très chargé.
| Type de coloration | Comportement habituel | Applications |
|---|---|---|
| Colorant soluble | Pénètre dans les zones accessibles du bois, sans dépôt pigmentaire important | Tables figurées, teintes transparentes |
| Teinte pigmentée | Dépose des particules notamment dans les pores et les irrégularités | Tons bois, accentuation du grain |
| Vernis transparent coloré | Forme une couche colorée au-dessus du bois | Nuances uniformes, dégradés pulvérisés, corrections de couleur |
Il existe des produits intermédiaires. La composition indiquée par le fabricant reste plus fiable que leur seule dénomination commerciale.
Pour une table présentant des figures particulièrement marquées, le choix d'un colorant soluble permet souvent d'obtenir des contrastes plus nets.
Préparer la surface pour une coloration régulière
Le bois doit être propre, débarrassé des résidus de colle et correctement poncé.
Une tache de colle presque invisible sur le bois brut peut empêcher localement la pénétration de la teinte. Après coloration, elle apparaît alors comme une zone anormalement claire.
Les réparations réalisées avec de la cyanoacrylate, de l'époxy ou certains mastics peuvent provoquer le même phénomène.
Le ponçage doit également être homogène. Une zone travaillée au P180 et une autre au P800 ne présentent pas nécessairement la même capacité d'absorption.
Jusqu'à quel grain poncer ?
Un ponçage très fin permet d'obtenir une surface particulièrement douce, mais la coloration du bois introduit une contrainte supplémentaire.
De nombreuses teintes pénétrantes sont conçues pour être appliquées sur une surface préparée entre P180 et P320, selon l'essence et le produit.
General Finishes recommande notamment de terminer au P180 pour plusieurs essences à pores ouverts et au P220 pour certains bois à pores fins dans ses consignes de préparation avant teinture.
Cela n'interdit pas de travailler plus finement.
Un bois poncé jusqu'au P600 ou au P800 peut encore accepter certaines teintures, mais l'absorption et l'intensité de la couleur peuvent différer de celles obtenues sur une surface moins polie.
Il faut donc adapter le dernier grain au résultat recherché et au produit employé.
La bonne méthode consiste à préparer plusieurs chutes du même bois avec des grains différents, puis à leur appliquer la même concentration de teinte.
Cet essai permet d'observer directement les différences de coloration, sans imposer arbitrairement une limite de ponçage.
Anticiper le relèvement des fibres
Avec une teinte aqueuse, une humidification préalable peut réduire le relèvement des fibres pendant la coloration.
On passe un chiffon légèrement humide sur le bois, on laisse sécher complètement, puis on élimine délicatement les fibres soulevées.
Le ponçage doit rester suffisamment léger pour ne pas modifier sensiblement la préparation initiale.
Il est conseillé de réaliser cette opération avant la teinture plutôt que de devoir poncer une surface déjà colorée et risquer d'enlever localement de la matière teintée.
Préparer et tester la couleur
La couleur obtenue dépend de la concentration du produit, de l'essence de bois et de sa capacité d'absorption.
Une teinte bleue appliquée sur un érable très clair ne donnera pas nécessairement le même résultat sur un bois naturellement jaunâtre. Une nuance ambre peut paraître plus rouge sur une pièce d'acajou que sur un érable.
Il faut également tenir compte du vernis qui recouvrira la teinte. Certains vernis modifient la perception de la couleur en accentuant les contrastes ou en apportant leur propre coloration.
Un essai réalisé uniquement avec la teinte ne suffit donc pas toujours.
Il est préférable de faire un essai sur une chute du même bois, en reproduisant les différentes étapes de finition prévues pour la guitare.
Par exemple, pour une table en érable flammé :
- Poncer la chute jusqu'au même grain que la table, par exemple P800.
- Appliquer la teinte avec la même dilution et la même méthode.
- Laisser sécher, puis appliquer le fondur prévu.
- Ajouter une ou deux couches du vernis choisi.
L'objectif est de vérifier la couleur après application des produits de finition, car le fondur et le vernis peuvent modifier sa profondeur, son contraste et sa nuance.
Travailler avec des dilutions reproductibles
Une teinte concentrée gagne à être préparée dans un récipient gradué.
Il est possible de commencer avec une dilution relativement faible, puis de l'augmenter progressivement jusqu'à obtenir la saturation recherchée.
Il faut noter les quantités utilisées, les mélanges de couleurs et le diluant employé.
Sur une guitare comportant plusieurs pièces qui doivent présenter une nuance identique, mieux vaut préparer une quantité suffisante de mélange en une seule fois.
Reconstituer approximativement une couleur au milieu de la finition risque de produire des différences visibles entre le corps, la tête et le manche.
Pour les produits pigmentés, l'homogénéisation est tout aussi importante : les pigments peuvent se déposer au fond du récipient pendant le travail.
Appliquer la teinte sans laisser de reprises
Sur une surface relativement grande, comme la table d'une guitare électrique, le tampon ou l'éponge permettent de répartir rapidement une teinte liquide.
Le pinceau peut également convenir, particulièrement pour certaines zones étroites ou difficiles d'accès.
L'application doit rester régulière, avec suffisamment de produit pour mouiller la surface sans provoquer de ruissellement.
On progresse par zones qui se raccordent tant qu'elles sont encore humides.
Si une partie sèche avant que la suivante soit travaillée, la nouvelle application peut créer une bande plus foncée.
Travailler avec un tampon
Un tampon constitué d'un tissu propre, non pelucheux, permet de contrôler assez précisément la quantité de teinte déposée.
On commence par une zone peu visible pour vérifier la saturation du tampon, puis on répartit la couleur par mouvements réguliers.
Sur une table plane, des passages croisés peuvent aider à mouiller uniformément la surface. Un essuyage final dans le sens du fil permet ensuite d'éliminer les accumulations, lorsque les instructions du produit le prévoient.
La pression exercée sur le tampon influence également le résultat. Une pression excessive peut vider certaines zones de leur produit et le déplacer vers les bords.
Avec les teintes qui sèchent rapidement, il faut éviter de revenir continuellement sur une partie déjà colorée.
Éviter les surcharges
Les angles, les cavités et les jonctions entre deux surfaces retiennent facilement le liquide.
Une accumulation peut produire une zone beaucoup plus foncée que le reste.
Il faut notamment surveiller les raccords entre la table et les éclisses du corps, le fond des échancrures et les transitions autour du talon.
Lorsque la guitare comporte un filet, la teinte peut s'accumuler contre celui-ci ou pénétrer sous une protection imparfaitement appliquée.
Un tampon peu chargé ou un petit pinceau permet de traiter ces zones avec davantage de contrôle.
Adapter la méthode à l'essence de bois
Toutes les essences ne se teintent pas avec la même facilité.
L'érable
L'érable possède généralement des pores fins, mais son absorption peut varier fortement d'une zone à l'autre.
Sur un érable uni, ces variations peuvent produire des taches irrégulières, particulièrement lorsqu'on cherche une couleur sombre.
Sur un érable flammé ou ondé, elles deviennent au contraire intéressantes : les changements d'orientation des fibres créent des contrastes qui donnent du relief à la figure.
Il faut néanmoins distinguer les variations naturelles souhaitées des auréoles provoquées par une application irrégulière.
Le frêne
Le frêne présente des pores ouverts et une structure particulièrement lisible.
Une teinte peut accentuer les différences entre les zones de croissance et les parties plus denses du bois.
Les grands pores peuvent retenir davantage de produit, surtout lorsqu'une formulation pigmentée est utilisée.
On peut exploiter cette caractéristique pour souligner le grain ou chercher, au contraire, une coloration plus homogène.
Le résultat dépend également du bouche-porage éventuel et de l'ordre des opérations retenu.
L'acajou et les bois naturellement colorés
Sur les bois déjà foncés, les colorations transparentes se superposent visuellement à la couleur naturelle.
Un rouge appliqué sur un acajou brun ne donnera pas le même résultat que sur un érable clair.
Certaines essences présentent également des zones plus absorbantes ou des variations importantes de couleur entre deux pièces assemblées.
Il faut en tenir compte avant de chercher à obtenir un ensemble parfaitement uniforme.
Une teinte peut harmoniser deux pièces de bois, mais elle ne supprime pas automatiquement leurs différences de structure.
Accentuer les figures de l'érable par double teinte
L'érable flammé et l'érable pommelé se prêtent à une technique particulière : la double coloration, souvent appelée double staining.
Elle consiste à utiliser une première teinte foncée pour accentuer les figures du bois, puis à retirer une partie de cette coloration par ponçage avant d'appliquer une seconde couleur.
La méthode exploite les différences de pénétration liées à l'orientation des fibres.
Première teinte : accentuer les figures
On applique une teinte relativement foncée sur l'ensemble de la table.
Le noir et les bruns foncés sont fréquemment utilisés, mais d'autres couleurs sont possibles.
La teinte doit pénétrer suffisamment pour marquer les zones figurées. Une fois sèche, certaines parties du dessin apparaissent plus sombres que d'autres.
Il faut laisser sécher complètement avant toute intervention abrasive.
Poncer pour retrouver les parties claires
On ponce ensuite progressivement la surface afin de retirer une partie de la coloration.
Les zones où le colorant a moins pénétré s'éclaircissent plus rapidement. Les parties figurées qui ont absorbé davantage de teinte conservent une couleur plus soutenue.
L'objectif est de faire ressortir le dessin du bois sans modifier son relief.
Le ponçage doit être réparti avec soin. Une pression excessive peut créer des zones trop claires ou effacer une partie des figures recherchées.
Cette méthode demande une prudence particulière sur les placages minces.
Un placage décoratif peut être traversé en quelques passages d'abrasif, surtout sur les parties convexes et à proximité des arêtes. Sur une table massive ou suffisamment épaisse, la marge de travail est plus importante.
Appliquer la seconde couleur
Une fois le contraste obtenu, on applique une nouvelle teinte, généralement plus claire.
Cette seconde coloration donne la nuance générale de la table tandis que la première reste visible dans les parties figurées.
Un noir suivi d'un bleu peut produire des figures très contrastées. Un brun foncé suivi d'un ambre donne un résultat plus proche de certaines finitions traditionnelles.
Les possibilités sont nombreuses, mais toutes les associations ne donnent pas des couleurs agréables. Des colorants transparents de teintes différentes se mélangent visuellement et peuvent créer des zones ternes.
Il faut donc préparer plusieurs essais avant de traiter la table définitive.
StewMac décrit précisément cette technique, avec différents exemples de doubles colorations, dans ses instructions ColorTone.
Réaliser un dégradé directement dans le bois
Il est possible de créer un dégradé en appliquant des concentrations différentes de teinte sur une même surface.
Sur une table en érable figuré, on peut conserver une zone centrale relativement claire et assombrir progressivement les bords.
La difficulté consiste à obtenir une transition régulière.
Avec une teinte aqueuse, le temps de travail permet généralement de fondre les zones entre elles tant que le bois reste humide. On peut commencer par une coloration uniforme, puis renforcer progressivement les parties destinées à être plus sombres.
Il faut surveiller les reprises, car chaque passage supplémentaire risque d'augmenter localement la saturation.
Avec une teinte à évaporation rapide, les transitions deviennent plus délicates. Une partie de la couleur peut sécher avant d'avoir été correctement mélangée à la zone voisine.
Il existe également une limite propre à la coloration directe : une teinte ayant pénétré profondément ne peut pas être éclaircie aussi facilement qu'une couche de vernis coloré encore accessible.
Pour les dégradés complexes ou les transitions particulièrement régulières, la pulvérisation d'un vernis teinté offre davantage de possibilités de contrôle.
Les techniques de sunburst et de dégradés multicouches méritent un traitement spécifique, car elles nécessitent de distinguer la coloration du support de celle des couches transparentes.
Corriger une teinte irrégulière
Une coloration mal répartie peut parfois être corrigée, mais le résultat dépend du produit utilisé et de sa profondeur de pénétration.
Les auréoles et les marques de reprise
Lorsque la teinte n'est pas complètement sèche, il est parfois possible de reprendre une zone en la réhumidifiant avec le produit approprié, puis en répartissant à nouveau la couleur.
Cette méthode fonctionne mieux avec certaines formulations aqueuses qu'avec des produits à séchage très rapide.
Après séchage complet, les corrections deviennent moins prévisibles.
Une nouvelle application uniforme peut atténuer de petites différences, mais elle risque également d'assombrir toute la surface.
Les zones trop foncées
Un ponçage localisé peut parfois éclaircir une zone, à condition que le colorant n'ait pas pénétré trop profondément.
Le risque est de créer une tache claire qui sera ensuite difficile à raccorder.
Sur une table figurée, le ponçage peut aussi modifier le contraste entre les parties claires et foncées.
Il faut éviter les corrections agressives sur les placages ou les surfaces sculptées.
Les zones qui refusent la teinte
Une zone anormalement claire peut révéler la présence de colle, de résine ou d'un autre contaminant.
Dans ce cas, ajouter davantage de teinte ne résout généralement pas le problème.
Il faut identifier la cause du défaut avant d'envisager une réparation.
Une zone contaminée peut nécessiter une reprise locale du bois nu. Selon la finition prévue, une correction de couleur dans une couche transparente peut aussi être envisagée, mais elle ne reproduira pas exactement une teinte pénétrante.
Protéger la teinte avant le vernissage
Une teinte sèche n'est pas nécessairement fixée de manière définitive.
Certains colorants peuvent être remis en solution par le produit appliqué au-dessus. Le pinceau risque alors de déplacer la couleur et de produire des traînées.
Une couche isolante compatible peut limiter ce phénomène.
La gomme-laque décirée ou certains fonds spécialement formulés peuvent convenir dans des systèmes précis, mais leur compatibilité doit être vérifiée.
La pulvérisation de premières couches très légères est également utilisée pour éviter de détremper une surface colorée.
Il ne faut pas poncer directement une teinte sans raison particulière. Un égrenage trop appuyé peut enlever la coloration de manière irrégulière, particulièrement sur les arêtes et les zones convexes.
Lorsque le système prévoit un fondur après coloration, l'égrenage intervient généralement sur cette couche protectrice, avec suffisamment de précautions pour ne pas atteindre le bois teinté.
Il faut enfin tenir compte de la résistance des colorants à la lumière. Toutes les teintures ne présentent pas la même stabilité aux ultraviolets.
Pour une couleur vive destinée à rester exposée à la lumière, mieux vaut choisir un produit dont la tenue est documentée plutôt que se fier uniquement à son aspect initial.
Contrôler la couleur avant les couches de finition
Une fois la teinte sèche, on examine la guitare sous plusieurs éclairages.
La lumière naturelle permet d'évaluer la nuance générale, tandis qu'une lumière rasante révèle les éventuelles différences de préparation ou les marques de reprise.
Le contrôle doit porter sur les raccords, les arêtes, les zones de bois de bout et les limites entre les différentes pièces.
La couleur définitive ne peut toutefois pas être jugée uniquement sur le bois teinté et sec.
L'application d'un fondur ou d'un vernis transparent modifie la manière dont la lumière traverse la surface et se réfléchit sur les fibres. Les contrastes peuvent devenir beaucoup plus prononcés, et certaines nuances peuvent se réchauffer ou s'assombrir.
Si la couleur est correcte et la surface propre, il faut éviter les manipulations inutiles. Une empreinte grasse, une goutte d'eau ou un frottement localisé peut encore modifier une teinte qui n'a pas reçu sa première couche protectrice.