Créer des effets décoratifs : marbrures, craquelures et textures
Une guitare dont les couleurs semblent avoir été versées dans un tourbillon. Une autre recouverte de craquelures noires sur un fond rouge. Une troisième dont la peinture évoque la pierre, le métal oxydé ou une surface éclaboussée au hasard.
Ces finitions s'éloignent des aplats, des dégradés et des teintes transparentes. Elles utilisent les propriétés mêmes des peintures pour créer des dessins, des irrégularités ou des reliefs.
Certaines techniques demandent une grande maîtrise du geste. D'autres font intervenir une part de hasard qu'il serait vain de vouloir supprimer complètement. On peut choisir les couleurs, préparer les mouvements, modifier les concentrations… et découvrir malgré tout un résultat inattendu.
L'important est de distinguer ce qui relève du dessin de ce qui modifie réellement la surface. Une marbrure parfaitement lisse et une peinture texturée ne se protègent pas de la même manière.
Le swirl : dessiner avec de la peinture à la surface de l'eau
Le swirl est probablement l'un des effets les plus reconnaissables dans l'univers des guitares électriques.
Ses longues lignes colorées se tordent, se croisent et semblent traverser tout le corps. Certaines réalisations évoquent du marbre ; d'autres ressemblent davantage aux mouvements d'un liquide multicolore.
Les finitions associées à certaines Ibanez JEM de Steve Vai ont largement contribué à populariser cette esthétique chez les guitaristes.
La technique la plus caractéristique repose sur une immersion dans un bain d'eau à la surface duquel flottent plusieurs peintures.
Lorsqu'on plonge le corps à travers ce film coloré, les peintures se déposent sur ses contours.
Le dessin se construit pendant l'immersion. Il ne peut donc pas être reproduit à l'identique sur deux instruments.
Préparer le corps pour l'immersion
Il serait imprudent de plonger directement un corps en bois brut dans l'eau.
Les cavités, les perçages et les surfaces de bois de bout offrent autant de passages par lesquels l'humidité peut pénétrer. Un gonflement localisé risquerait ensuite de compromettre la finition.
Le corps doit être correctement préparé, isolé et recouvert d'une base compatible avec les peintures utilisées pour le marbrage.
Cette base joue aussi un rôle esthétique.
Un fond blanc fait ressortir les couleurs vives et peut rester visible entre les lignes. Une base noire donne un résultat plus sombre. Avec un fond jaune ou vert, les mêmes peintures produiront une impression radicalement différente.
Avant l'immersion, on installe un support permettant de tenir et de déplacer le corps sans toucher les surfaces décorées. Une fixation provisoire dans la poche du manche peut convenir, à condition d'être suffisamment rigide et de ne pas compromettre la protection des surfaces d'assemblage.
Il faut pouvoir immerger entièrement la pièce, sans interruption ni changement brutal de direction.
Composer le dessin à la surface du bain
Le récipient doit être suffisamment grand pour recevoir la guitare sans que le corps touche ses parois.
On remplit la cuve avec l'eau prévue par le procédé, puis on dépose les peintures à marbrer à sa surface.
Attention : n'importe quelle peinture ne flotte pas correctement sur l'eau. Certaines coulent, d'autres se dispersent ou forment une pellicule inutilisable. Les produits spécialement formulés pour le marbrage par immersion permettent de travailler de manière plus prévisible.
Les peintures Marabu Easy Marble et KREUL Magic Marble illustrent ce type de formulation.
On laisse tomber quelques gouttes de plusieurs couleurs sur l'eau. Les peintures s'étalent en formant des taches qui se repoussent ou se recouvrent partiellement.
Avec une baguette fine, on traverse ensuite les taches pour créer des mouvements.
Une ligne droite produit un effet assez différent d'une série de courbes. Quelques mouvements circulaires peuvent former des spirales ; un tracé en zigzag multiplie les lignes et les intersections.
Il ne faut pas trop travailler le dessin. À force de mélanger les couleurs, on risque de perdre les séparations qui donnent son caractère au marbrage.
L'opération doit également rester rapide : les peintures de marbrage peuvent former un film qui sèche à la surface de l'eau.
L'immersion : un geste sans retour
Le corps est présenté au-dessus du motif, puis abaissé progressivement à travers la pellicule colorée.
Son angle d'entrée influence la manière dont le dessin vient épouser les contours.
Une immersion parfaitement horizontale peut emprisonner des bulles d'air contre une grande surface plane. Une entrée inclinée permet généralement à l'air de s'échapper plus facilement.
Le mouvement doit rester continu.
Lorsque le corps traverse le film, les couleurs se déforment en suivant sa géométrie. Les cornes et les échancrures étirent les lignes de manière différente des grandes surfaces.
C'est là que le procédé devient intéressant. On ne se contente pas de transférer un dessin sur une face : les marbrures peuvent se prolonger autour des contours et rejoindre le dos de l'instrument.
Une fois la pièce immergée, il faut dégager les restes de peinture flottant encore à la surface de l'eau avant de la ressortir, faute de quoi ils risquent de se déposer une seconde fois sur la guitare.
Le corps est ensuite retiré et laissé à sécher conformément aux indications des peintures utilisées.
Un exemple de réalisation sur une guitare inspirée de la JEM est présenté dans Building a 1980s Steve Vai JEM Guitar from Scratch — Modustrial Maker.
Ce qui peut mal tourner
Les défauts les plus caractéristiques sont les trous dans le motif, les bulles emprisonnées et les couleurs qui se mélangent au point de perdre toute définition.
Un film déjà trop sec peut se déchirer pendant l'immersion. Une peinture mal adaptée peut former des amas au lieu de lignes régulières.
La vitesse de déplacement intervient également. Un mouvement irrégulier déforme le motif de façon parfois peu heureuse.
Il faut enfin tenir compte de l'adhérence de la peinture sur le fond préparé. Un marbrage spectaculaire ne sert à rien si le vernis de protection provoque ensuite un soulèvement de la couleur.
Les solvants de certaines peintures à marbrer sont inflammables. Le fait de travailler au-dessus d'une cuve remplie d'eau ne supprime pas le risque lié aux vapeurs. Le bain et ses déchets doivent être traités selon les indications des produits employés, sans rejeter les résidus de peinture dans les évacuations.
L'hydrographie : transférer un motif imprimé
Il existe une autre technique d'immersion, fréquemment confondue avec le swirl : l'impression hydrographique, également appelée water transfer printing.
Cette fois, le dessin existe avant l'immersion.
Il est imprimé sur un film spécial, généralement porté par une couche hydrosoluble à base d'alcool polyvinylique (PVA).
Le film est déposé à la surface d'un bain d'eau. Après hydratation, un activateur adapté permet de rendre les encres transférables.
Lorsqu'on immerge l'objet, le motif vient épouser sa forme.
On peut ainsi reproduire des dessins beaucoup plus précis qu'avec un marbrage libre : imitation de carbone, camouflage, motifs géométriques, veines de marbre ou graphismes complexes.
La méthode est largement employée pour décorer des pièces automobiles et des objets comportant des surfaces courbes.
Comment se déroule le transfert ?
Le corps reçoit d'abord une base préparée pour le système hydrographique. Sa couleur influencera parfois directement le résultat lorsque certaines parties du dessin sont transparentes.
Le film est découpé aux dimensions nécessaires, puis déposé sur l'eau dans le sens prescrit par son fabricant.
Après hydratation, l'activateur est pulvérisé sur le film. Les encres deviennent alors suffisamment mobiles pour être transférées à la pièce immergée.
On descend le corps à travers le motif, avec un mouvement contrôlé qui évite d'emprisonner de l'air.
L'instrument est ensuite rincé selon la procédure du film utilisé pour éliminer les résidus du support hydrosoluble, puis soigneusement séché avant l'application d'un vernis compatible.
Le fabricant Hydrokon décrit cette succession d'opérations dans son guide de transfert hydrographique.
Sur une guitare, la forme des cornes et les nombreuses cavités compliquent le travail. Le film s'étire lorsqu'il suit les contours, ce qui peut déformer certaines parties d'un dessin géométrique.
Il faut donc choisir l'orientation du motif en tenant compte de la géométrie du corps.
Une imitation de marbre supportera généralement mieux ces déformations qu'un motif composé de lignes parfaitement parallèles.
Le procédé présente aussi une contrainte matérielle : l'activateur doit être appliqué dans des conditions de sécurité adaptées, et le corps doit être entièrement protégé contre l'eau avant immersion.
L'hydrographie est particulièrement intéressante lorsqu'on souhaite reproduire un motif précis sur plusieurs instruments. Elle reste toutefois moins spontanée que le marbrage libre.
Marbrer sans plonger la guitare dans l'eau
Une marbrure peut également être peinte directement sur la surface.
C'est même une solution intéressante lorsqu'on souhaite garder davantage de contrôle sur le dessin ou éviter l'immersion d'une pièce déjà complexe.
On commence par établir une couleur de fond.
Les veines sont ensuite construites avec un pinceau fin, une éponge ou un morceau de tissu, selon l'effet recherché.
Pour imiter le marbre, on utilise généralement plusieurs nuances d'une même famille chromatique. Les veines principales sont tracées de façon irrégulière, puis accompagnées de lignes plus fines et de variations de transparence.
Un tracé trop régulier paraît artificiel.
Les vraies veines du marbre changent de largeur, se divisent et disparaissent parfois avant de réapparaître un peu plus loin.
On peut exploiter ces particularités pour obtenir un dessin plus crédible, sans chercher à recopier mécaniquement une photographie.
Le travail à l'éponge
L'éponge permet de déposer une couleur de manière discontinue.
Avec une peinture relativement peu chargée, on peut créer des taches irrégulières, des transitions et des textures visuelles qui évoquent la pierre, les nuages ou une surface vieillie.
Il faut éviter de tamponner toute la guitare avec la même pression.
Une répétition trop régulière finit par révéler la forme de l'éponge.
On peut modifier l'orientation de l'outil, superposer plusieurs nuances ou retirer partiellement une couleur encore travaillable avec un chiffon adapté.
L'intérêt de cette méthode est sa souplesse. Une guitare peut présenter une table presque entièrement marbrée et conserver des côtés d'une couleur unie.
Sur une finition opaque, les corrections sont également plus accessibles que dans le cas d'une teinte ayant pénétré directement dans le bois.
Projections, éclaboussures et effets de peinture gestuelle
Pour obtenir une finition splatter, on projette volontairement des gouttelettes de peinture sur une surface déjà colorée.
Le principe semble enfantin. La maîtrise de la densité et de la taille des projections l'est beaucoup moins.
Une brosse à poils relativement rigides permet de produire de petites gouttes en faisant fléchir les poils chargés de peinture. Avec un pinceau plus souple, on obtient souvent des éclaboussures plus grandes, particulièrement lorsqu'on accompagne le geste d'un mouvement du bras.
La fluidité de la peinture change également le résultat.
Un produit très liquide se disperse en fines gouttelettes et peut s'étaler à l'impact. Une peinture plus visqueuse produit des traces plus épaisses, parfois en relief.
Il est donc possible d'obtenir plusieurs effets avec des outils simples :
- de fines ponctuations réparties sur l'ensemble du corps ;
- de grandes gouttes irrégulières, presque comme des éclats de peinture ;
- des lignes projetées par un mouvement rapide du pinceau ;
- des éclaboussures concentrées dans une zone, avec une densité décroissante vers les bords.
Cette dernière approche peut donner un résultat intéressant sur une guitare dont la couleur de fond reste largement visible.
Le hasard a besoin de limites
Une projection ne se dirige pas avec la précision d'un aérographe.
On peut pourtant contrôler la zone de travail en utilisant un cache placé à distance de la surface. Cela réduit la dispersion sans nécessairement créer une limite aussi nette qu'un ruban adhésif.
La distance entre l'outil et le corps influence la répartition des gouttes.
Il faut également choisir la taille des projections en fonction de l'instrument. Des gouttelettes très fines peuvent presque disparaître à quelques mètres, tandis que de grosses taches dominent immédiatement la silhouette.
Une finition splatter peut combiner plusieurs couleurs, mais leur ordre d'application modifie l'aspect final. Des projections claires déposées sur une couleur sombre produisent un effet différent de la même composition réalisée dans l'ordre inverse.
Le tout peut être conservé sous un vernis transparent, à condition que les produits soient compatibles et que les projections soient suffisamment sèches pour ne pas être déplacées par les premières couches de protection.
Une remarque pratique : les grosses gouttes laissent parfois des surépaisseurs. Si l'on souhaite obtenir une surface parfaitement lisse, leur relief devra être pris en compte avant le polissage final.
Les craquelures volontaires : provoquer un défaut pour en faire un décor
Dans une finition ordinaire, la formation de craquelures est un défaut.
Avec une peinture à effet craquelé, c'est précisément le résultat recherché.
Le principe repose sur une interaction contrôlée entre plusieurs couches. Selon le produit employé, des différences de retrait ou de séchage provoquent la rupture de la couche supérieure, révélant la couleur qui se trouve dessous.
On obtient ainsi un réseau de fissures plus ou moins larges.
Les peintures craquelées permettent de créer des contrastes particulièrement marqués : noir sur rouge, blanc sur noir, jaune sur bleu… Les combinaisons peuvent être discrètes ou franchement agressives.
Construire un effet craquelé
On applique d'abord une couleur de base.
C'est celle qui apparaîtra au fond des fissures. Elle doit donc être choisie en fonction de la couleur supérieure.
On laisse ensuite cette première couche atteindre l'état de séchage prévu pour le produit craquelant.
La seconde application est constituée d'une peinture spécialement formulée pour produire l'effet. Les fissures apparaissent pendant son séchage.
Leur dimension dépend notamment de l'épaisseur déposée et des conditions d'application.
Une couche relativement fine peut produire un réseau serré de petites craquelures. Une application plus chargée donne parfois des fissures beaucoup plus larges.
Le produit Montana CRACKLE Effect illustre ce fonctionnement. Son fabricant prévoit une couche de base compatible, puis l'application du produit craquelant dans une fenêtre de séchage déterminée.
Pour cette formulation, Montana recommande notamment un intervalle de 45 minutes à 24 heures après la couche de base, avec une variation possible selon les conditions d'application.
Ces délais ne constituent pas une règle générale : ils appartiennent à ce procédé particulier.
Attention au choix du support
Une peinture craquelante ne produit pas nécessairement son effet sur n'importe quel vernis.
Certains produits exigent une base acrylique ou synthétique spécifique. D'autres ne fonctionnent qu'avec un médium de craquelure associé à une peinture déterminée.
Sur un fond incompatible, le produit peut rester uniforme, se décoller ou provoquer des réactions imprévisibles.
Une autre difficulté apparaît avec le vernis transparent final.
L'effet craquelé forme une surface présentant des ouvertures et parfois un léger relief. Le vernis peut pénétrer dans les fissures, modifier leur contraste ou réagir avec les couches sous-jacentes.
L'aspect peut donc changer après protection.
Il faut également distinguer le craquelé décoratif des microcraquelures que l'on rencontre sur certaines anciennes finitions nitrocellulosiques.
Dans ce dernier cas, le réseau de fissures apparaît généralement dans le film de finition lui-même, notamment sous l'effet de contraintes et de variations dimensionnelles. Ce phénomène de vieillissement, parfois appelé checking, relève d'une autre démarche que l'application d'une peinture craquelante.
Provoquer brutalement des chocs thermiques sur une guitare pour imiter ce vieillissement présente des risques pour la finition, les collages et certaines pièces de l'instrument.
Pour une décoration craquelée, les produits conçus à cet effet permettent de travailler avec davantage de contrôle.
Les peintures texturées : conserver ou supprimer le relief ?
Une peinture peut aussi modifier la topographie de la surface.
Certains produits contiennent des charges ou des particules destinées à créer un aspect granuleux. D'autres sont formulés pour conserver les reliefs laissés par un outil, une projection ou une application particulière.
On obtient alors des finitions qui évoquent la pierre, une surface sablée ou un revêtement industriel.
Le Montana GRANIT Effect utilise notamment de fines particules plastiques pour reproduire l'aspect du granite.
Le Montana TEXTURE Spray, quant à lui, permet de construire un relief qui peut ensuite être travaillé ou recouvert.
Ces produits sont conçus pour des applications décoratives variées. Leur emploi sur une guitare demande de tenir compte des surfaces qui seront fréquemment touchées.
Le confort avant la texture
Une surface rugueuse sur la table d'une guitare peut produire un effet visuel intéressant.
Sur le dos du manche, elle risque surtout de devenir désagréable.
Les chanfreins d'avant-bras et les zones de contact avec le corps du musicien méritent également une attention particulière. Une texture trop agressive peut irriter la peau ou accrocher les vêtements.
Le relief doit aussi rester compatible avec les assemblages.
Une couche texturée épaisse dans une poche de manche, autour d'un logement de micro ou au bord d'une cavité peut poser des problèmes d'ajustement.
Il vaut donc mieux réserver les effets de matière aux surfaces où ils ont un intérêt et où leur épaisseur ne crée pas de difficulté.
Le vernis peut effacer l'effet recherché
Une finition granuleuse peut être protégée par un vernis compatible.
Mais si l'on multiplie les couches jusqu'à remplir tous les creux, le relief finit par disparaître sous une surface lisse.
On conserve alors parfois les variations de couleur, mais plus la texture qui leur donnait leur caractère.
Il faut donc décider ce que l'on souhaite préserver.
Pour un effet uniquement visuel, une protection transparente suffisamment épaisse peut être appropriée.
Pour une finition qui doit rester tactile, on recherchera plutôt un système de protection compatible avec le maintien de cette texture.
La même distinction s'applique à certaines peintures craquelées et aux grosses projections de couleur.
Mélanger les techniques sans perdre le contrôle de la finition
Une marbrure peut recevoir de fines projections. Un fond craquelé peut être partiellement recouvert d'un glacis transparent. Une texture granuleuse peut être mise en valeur par une seconde couleur déposée uniquement sur ses parties saillantes.
Les possibilités sont nombreuses.
Le problème apparaît lorsque les couches se multiplient sans que leur rôle soit défini.
Un effet décoratif peut modifier l'adhérence de la couche suivante, créer une surépaisseur ou retenir des solvants dans certaines zones. Les produits qui se combinent bien sur une petite surface ne donnent pas nécessairement le même résultat sur un corps entier.
Pour choisir un procédé, quelques différences pratiques méritent d'être gardées à l'esprit.
| Technique | Contrôle du dessin | Reproduction à l'identique | Surface finale |
|---|---|---|---|
| Swirl par immersion | Partiel | Très difficile | Généralement lissable sous vernis |
| Hydrographie sur film | Motif prédéfini, déformations possibles | Relativement bonne | Généralement lisse après finition |
| Marbrure peinte à la main | Élevé | Possible, mais dépend du geste | Généralement lisse |
| Projections | Partiel | Faible | Variable selon les gouttes |
| Craquelure décorative | Contrôle de l'effet, moins du tracé précis | Variable | Légèrement texturée à l'origine |
| Peinture texturée | Contrôle du dépôt et du relief | Assez bonne avec un procédé régulier | Relief volontaire |
Ce tableau permet surtout de choisir une méthode adaptée au résultat recherché.
Pour une série de guitares devant présenter exactement le même dessin, l'hydrographie possède un avantage évident. Pour une pièce unique, le swirl ou une peinture gestuelle peuvent être beaucoup plus intéressants.
Quant à une finition craquelée, elle impose d'accepter que le réseau de fissures ne suive pas nécessairement les lignes imaginées au départ.
Protéger sans dénaturer
Une fois la décoration terminée, il faut déterminer comment elle sera protégée.
Les marbrures fines, les motifs hydrographiques et les effets peints à plat peuvent généralement être recouverts d'un vernis compatible, puis mis à niveau selon les règles habituelles de la finition choisie.
Les textures présentent davantage de contraintes.
Un ponçage direct risque d'endommager les reliefs ou de retirer les couleurs déposées sur les parties saillantes. Un vernis trop épais peut les atténuer. Une protection insuffisante laisse certaines décorations exposées aux frottements et aux chocs.
Sur une guitare, ces questions sont loin d'être anecdotiques. Le contact répété de l'avant-bras, les frottements contre les vêtements et les manipulations pendant les concerts finissent par solliciter le revêtement.
Le résultat recherché doit donc être envisagé sur un instrument que l'on va réellement jouer, et pas uniquement photographier.
Une décoration spectaculaire qui rend le manche inconfortable ou empêche d'ajuster correctement le vibrato perd rapidement de son intérêt.
Il reste enfin une liberté que les finitions classiques n'accordent pas toujours : celle de laisser une part d'imprévu.
Un swirl peut produire une courbe magnifique à un endroit où l'on n'avait rien prévu. Une projection peut apporter un équilibre inattendu à une composition. Une craquelure peut suivre un trajet particulièrement intéressant.
Tout n'a pas besoin d'être corrigé.
Encore faut-il savoir reconnaître la différence entre une heureuse surprise et une peinture qui se décolle.